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Licences et permis par métier au Québec

Au Québec, il n'existe pas de « permis d'affaires » unique. Ce qu'on vous demande dépend de votre métier, et les obligations se répartissent entre plusieurs organismes qu'on confond souvent. Voici un répertoire clair, métier par métier, avec le lien vers la source officielle de chaque exigence.

Au Québec, il n'existe pas de « permis d'affaires » unique. Ce qu'on vous demande dépend de votre métier, et les obligations se répartissent entre plusieurs organismes qu'on confond souvent. Voici un répertoire clair, métier par métier, avec le lien vers la source officielle de chaque exigence.

Réponse rapide

Trois choses différentes sont souvent confondues : la licence d'entreprise (RBQ, CMEQ, CMMTQ selon le domaine), le certificat de compétence du travailleur (CCQ) et les certifications volontaires du marché. Une entreprise de construction peut avoir besoin des trois — et ce ne sont pas les mêmes organismes qui les délivrent.

Trois niveaux d'obligations à ne pas confondre

La confusion la plus fréquente oppose la licence et le certificat de compétence. La licence autorise une entreprise à exécuter ou à faire exécuter des travaux. Le certificat de compétence autorise une personne à travailler sur un chantier assujetti. Une entreprise licenciée dont les salariés n'ont pas leurs cartes n'est pas en règle, et l'inverse est vrai aussi.

S'ajoute un troisième niveau : les certifications volontaires, comme les certifications IICRC en après-sinistre. Elles ne sont pas exigées par la loi, mais plusieurs donneurs d'ouvrage et assureurs les demandent avant de confier un mandat. Elles se négocient donc sur le marché, pas devant un inspecteur.

Le réflexe qui évite les mauvaises surprises

Avant de soumissionner sur un type de travaux que vous n'avez jamais fait, vérifiez que votre licence contient bel et bien la sous-catégorie visée. Exécuter des travaux hors de ses sous-catégories, c'est travailler sans licence pour cette portion du contrat.

Le répertoire par métier

Le tableau ci-dessous couvre les métiers pour lesquels nous avons vérifié l'exigence à la source. Il n'est pas exhaustif : certaines activités relèvent aussi d'un encadrement municipal ou environnemental, et plusieurs professions sont régies par un ordre professionnel qui a ses propres règles.

Quand votre situation est ambiguë — travaux mixtes, sous-traitance, plusieurs sous-catégories — c'est l'organisme concerné qui tranche, pas un article de blogue. Les liens de la section Sources mènent directement aux pages officielles.

Répertoire des principales exigences vérifiées, par métier
Métier ou activitéCe qui est exigéOrganisme
Entrepreneur général en constructionLicence d'entrepreneur (catégorie entrepreneur général) et cautionnement de licenceRBQ
Entrepreneur spécialisé (couvreur, charpentier, maçon, excavation…)Licence d'entrepreneur avec la ou les sous-catégories visées, et cautionnementRBQ
Entrepreneur en électricitéLicence contenant la sous-catégorie 16, admission à la Corporation et paiement des droitsCMEQ
Entrepreneur en plomberie et chauffageLicence d'entrepreneur spécialisé, notamment la sous-catégorie 15.5 en plomberieCMMTQ
Salarié de l'industrie de la constructionCertificat de compétence ou exemption — distinct de la licence d'entrepriseCCQ
Transport de marchandises avec véhicule lourd (déménagement, camionnage)Inscription au Registre des propriétaires et des exploitants de véhicules lourds, numéro NIR et cote de sécuritéCTQ
Toute entreprise exploitée au QuébecImmatriculation au registre des entreprises, selon votre forme juridiqueRegistraire des entreprises

La licence RBQ : le socle de la construction

Au Québec, quiconque exécute ou fait exécuter des travaux de construction doit détenir une licence de la Régie du bâtiment du Québec, à moins d'en être exempté par la loi. La licence se décline en catégories et sous-catégories qui délimitent les travaux que vous avez le droit d'exécuter — une licence ne couvre que ce qu'elle nomme.

Deux obligations accompagnent la licence. Le cautionnement de licence, une garantie financière au bénéfice de vos clients : à défaut de le fournir à l'échéance du maintien de licence, la RBQ recommande la suspension. Et la formation continue obligatoire, en vigueur depuis le 1er avril 2022 pour les répondants de certaines sous-catégories, dont les catégories d'entrepreneur général 1.1.1, 1.1.2, 1.2 et 1.3.

Électricité et plomberie : ce n'est pas la RBQ

C'est l'erreur la plus coûteuse en temps. La RBQ le dit elle-même : elle ne délivre pas les licences d'entrepreneur en électricité et en plomberie. Pour l'électricité, la licence contenant la sous-catégorie 16 est délivrée par la Corporation des maîtres électriciens du Québec. Pour devenir maître électricien, il faut obtenir cette licence, être admis à la CMEQ et payer les droits, frais et cotisation.

Pour la plomberie et le chauffage, c'est la Corporation des maîtres mécaniciens en tuyauterie du Québec qui, à titre de mandataire du gouvernement, assure la qualification et délivre la licence — notamment la sous-catégorie 15.5 en plomberie. La CMMTQ décide des demandes de délivrance et de modification, et administre les examens de qualification.

La main-d'œuvre : la CCQ, un dossier distinct

La compétence des travailleurs ne relève pas de la RBQ mais de la Commission de la construction du Québec. Un entrepreneur qui embauche sur un chantier assujetti doit composer avec les règles de la loi R-20 : certificats de compétence, rapport mensuel, registre et déclaration des heures.

C'est un volet administratif à part entière, avec ses échéances propres. La CCQ modernise progressivement ses services en ligne et son cadre normatif, notamment vers une transmission entièrement électronique du rapport mensuel — une raison de plus de garder ce dossier à jour plutôt que de le découvrir en cas d'inspection.

Transport et livraison : tout se joue au seuil du véhicule lourd

Pour un déménageur ou un camionneur, l'obligation ne vient pas d'une licence de métier mais du véhicule. Toute personne qui veut mettre en circulation ou exploiter un véhicule lourd au Québec doit, sauf exception, s'inscrire au Registre des propriétaires et des exploitants de véhicules lourds de la Commission des transports du Québec. L'inscription donne un numéro d'identification au registre (NIR) et doit être mise à jour chaque année.

Une cote de sécurité est attribuée, sauf exception, à toute personne inscrite au registre : elle traduit l'évaluation de son comportement en matière de sécurité routière. À l'inverse, une personne physique qui utilise un véhicule lourd à des fins strictement personnelles n'a pas à s'inscrire. Pour la livraison de colis avec un véhicule léger, l'enjeu se déplace vers l'assurance commerciale plutôt que vers un registre.

Sources et références

Toute l'information de cette page provient des sources officielles ci-dessous, consultées le 6 août 2026. Les liens mènent directement aux documents d'origine.

  1. Régie du bâtiment du Québec — « Travaux nécessitant une licence »
  2. Régie du bâtiment du Québec — « Ce que la RBQ ne fait pas »
  3. Régie du bâtiment du Québec — « Licence » (plomberie et chauffage, mandat de la CMMTQ)
  4. Régie du bâtiment du Québec — Foire aux questions, « Cautionnement »
  5. Corporation des maîtres électriciens du Québec (CMEQ) — « Devenir entrepreneur »
  6. Corporation des maîtres électriciens du Québec (CMEQ) — « Obligation de formation des répondants »
  7. Gouvernement du Québec — « Formation continue obligatoire pour certains entrepreneurs généraux et spécialisés »
  8. Commission de la construction du Québec (CCQ) — Réglementation de l'industrie
  9. Commission des transports du Québec — « Qui doit s'inscrire au registre? »
  10. Commission des transports du Québec — « Inscription au registre (NIR) et cote de sécurité »
  11. Registraire des entreprises du Québec
Avis

Avis important : ce répertoire est un résumé d'information publique, publié à titre informatif seulement, et il n'est pas exhaustif. Il ne constitue ni un avis juridique, ni une interprétation officielle de la réglementation. Les exigences peuvent changer après la date de consultation indiquée, et certaines activités sont aussi encadrées par une municipalité, un ministère ou un ordre professionnel. Pour toute décision touchant votre licence ou vos travaux, adressez-vous à l'organisme concerné ou à un professionnel qualifié.

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Questions fréquentes

On répond à vos questions

Qui doit détenir une licence de la RBQ?
Au Québec, quiconque exécute ou fait exécuter des travaux de construction doit détenir une licence de la RBQ, à moins d'en être exempté par la loi. Les catégories et sous-catégories de la licence délimitent les travaux autorisés. Pour un cas précis, la RBQ est l'autorité qui tranche.
Un électricien détient-il une licence de la RBQ ou de la CMEQ?
La RBQ ne délivre pas les licences d'entrepreneur en électricité. La licence contenant la sous-catégorie 16 est délivrée par la CMEQ, et il faut de plus être admis à la Corporation et payer les droits, frais et cotisation. Même logique en plomberie et chauffage, où c'est la CMMTQ qui délivre la licence.
Quelle est la différence entre une licence et un certificat de compétence?
La licence vise l'entreprise et son droit d'exécuter des travaux : elle relève de la RBQ, de la CMEQ ou de la CMMTQ selon le domaine. Le certificat de compétence vise le travailleur et relève de la CCQ. Les deux peuvent être requis en même temps.
Un déménageur doit-il s'inscrire au registre de la CTQ?
Toute personne qui met en circulation ou exploite un véhicule lourd au Québec doit, sauf exception, s'inscrire au Registre des propriétaires et des exploitants de véhicules lourds. L'inscription donne un numéro NIR, doit être mise à jour annuellement, et une cote de sécurité y est associée. Les seuils et exceptions sont détaillés sur le site de la Commission.
Mon métier n'apparaît pas dans le répertoire. Que faire?
Ce répertoire couvre les métiers dont nous avons pu vérifier l'exigence à la source; il n'est pas exhaustif. Plusieurs activités relèvent d'un encadrement municipal, environnemental ou d'un ordre professionnel. Le plus sûr est de valider directement auprès de l'organisme concerné et de votre municipalité.
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