Étude 2026

Où les IA vont-elles chercher leurs réponses au Québec? Notre étude sur 50 requêtes

Publié le 23 septembre 2026 — données recueillies les 22 et 23 septembre 2026.
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  • 23 septembre 2026 — Publication de l'étude et des données.

Tout le monde parle d'« être cité par l'IA ». Presque personne ne montre de données. Les guides sur le GEO alignent des bonnes pratiques tirées de lectures, et le blogue de Québec.ca résumait lui-même ses cinq conseils comme issus de « nos différentes lectures ». Nous avons préféré mesurer.

Nous avons posé 50 questions typiques de clients et d'entrepreneurs québécois à deux assistants IA, Claude et ChatGPT, puis noté chacune des 802 sources qu'ils ont consultées ou citées. Plombier à Laval, dentiste le samedi, NEQ, Loi 96, coût d'un site web : les résultats montrent qui l'IA écoute vraiment quand un Québécois cherche un service, et ce qu'une PME doit faire pour en faire partie. Les données complètes sont téléchargeables au bas de la page.

L'essentiel en 60 secondes

12 sur 261domaines seulement sont communs à Claude et à ChatGPT. Pour 38 requêtes sur 50, aucun site en commun.
0 % → 54 %de sites de PME locales quand Claude passe de sa recherche rapide à sa recherche approfondie, sur 10 requêtes locales.
20 sur 44requêtes de services où ChatGPT met en avant au moins un site de PME locale.
100 %des sources citées par ChatGPT pour les démarches d'affaires (NEQ, TPS/TVQ, RBQ, subventions) sont officielles.
32 %des résultats de la recherche rapide de Claude viennent de plateformes et de répertoires.
0source québécoise, hors Google, pour « créer une fiche Google entreprise », dans les trois mesures.

Autrement dit, il n'existe pas une « visibilité IA » unique. Chaque assistant, et même chaque mode de recherche d'un même assistant, puise dans un bassin de sources différent. Les entreprises qui s'en sortent partout ont un point commun : des pages qui répondent exactement à la question posée, avec le service, la ville et souvent le prix.

La bonne nouvelle pour une PME québécoise, c'est que ce point commun est à sa portée. Il ne demande ni budget publicitaire ni astuce technique : il demande du contenu local précis, daté et vérifiable, exactement ce que le référencement naturel récompense déjà.

Comment nous avons mesuré

Nous avons rédigé 50 requêtes comme un Québécois les tape vraiment, réparties en six familles : services résidentiels (15), santé et services personnels (8), services professionnels (8), démarrer et gérer une entreprise (9), marketing et web (6), commerce et consommation (4). Chaque requête a été lancée une seule fois, les 22 et 23 septembre 2026, sans compte personnalisé.

Trois volets composent l'étude. Pour Claude en recherche rapide, l'outil utilisé par défaut, localisé à Montréal, nous avons noté les 9 ou 10 pages remises pour chaque requête, soit 458 résultats : c'est le bassin dans lequel l'assistant puise pour répondre. Pour Claude en recherche approfondie, nous avons relancé les 10 requêtes où le mode rapide avait le moins bien performé, pour 93 résultats. Pour ChatGPT, en conversation temporaire avec recherche web, nous avons relevé les 251 sources citées ou affichées, dont 186 avec une adresse visible. Chaque source a ensuite été classée par type : PME locale, grande entreprise, répertoire, source officielle, média, site étranger, offre d'emploi, etc.

VoletRequêtesSourcesCe qu'on mesure
Claude, recherche rapide50458Le bassin de pages remis à l'assistant
Claude, recherche approfondie1093Le même bassin, avec l'outil plus poussé
ChatGPT50251Les sources citées ou affichées dans la réponse

Résultat 1 : deux IA, deux webs

Graphique comparant les sources mises en avant par Claude et ChatGPT pour 50 requêtes québécoises : PME locales 0 % contre 28 %, sources officielles 14 % contre 42 %, répertoires 35 % contre 14 %, sites français 18 % contre 0 %, offres d'emploi 14 % contre 0 %
Deux assistants, deux façons de voir le web québécois : 12 domaines communs seulement sur 261.

La différence la plus frappante tient en un chiffre : sur 261 domaines distincts relevés, seulement 12 apparaissent chez les deux assistants, et ce sont presque tous des sites gouvernementaux (quebec.ca, Revenu Québec, la RBQ, la CNESST, l'OQLF). Pour 38 requêtes sur 50, Claude et ChatGPT n'ont pas une seule source en commun. Être bien visible dans l'un ne garantit donc strictement rien dans l'autre.

Les profils diffèrent aussi. Parmi les sources qu'il cite, ChatGPT met en avant des sites de PME locales dans 28 % des cas et des sources officielles dans 42 % des cas. Les trois premières sources de la recherche rapide de Claude, elles, sont à 35 % des répertoires, à 18 % des sites français et à 14 % des offres d'emploi. Pour une même question sur un plombier à Laval, l'un propose des plombiers lavallois, l'autre des pages sur Laval… en Mayenne.

Résultat 2 : le mode de recherche change tout

Infographie montrant l'effet du mode de recherche de Claude sur 10 requêtes locales : les sites de PME locales passent de 0 % à 54 %, les offres d'emploi de 48 % à 1 % et le contenu français de 40 % à 11 %
Le même assistant, avec un autre outil de recherche, voit un tout autre web.

Nous avons voulu savoir si ces écarts venaient de l'assistant lui-même ou de son outil de recherche. Nous avons donc relancé dans Claude, avec la recherche approfondie, les 10 requêtes locales où la recherche rapide avait échoué. Le résultat est sans appel : les sites de PME locales passent de 0 % à 54 % des résultats, les offres d'emploi de 48 % à 1 %, et le contenu français ou européen de 40 % à 11 %.

« Plombier urgence Laval » passe de zéro plombier québécois à 8 plombiers lavallois sur 9 résultats. « Inspecteur en bâtiment Longueuil » passe de 10 offres d'emploi municipales à 7 inspecteurs locaux. Ces 10 requêtes ont été choisies parce qu'elles avaient échoué : l'écart montre ce que l'outil corrige, pas une moyenne générale. Mais la leçon tient : on ne peut pas parler de « ce que l'IA voit » sans préciser quel outil elle utilise, et une PME n'a aucun contrôle là-dessus. Elle contrôle seulement la clarté de ses propres pages.

Résultat 3 : les répertoires sont partout

Dans la recherche rapide de Claude, 32 % des résultats viennent de plateformes, de répertoires et de comparateurs. Soumission Rénovation et hellodarwin y apparaissent 40 fois chacun, Centris 21 fois et Medimap 12 fois. Huit requêtes sont presque entièrement occupées par un seul domaine : Soumission Rénovation prend 10 résultats sur 10 pour « pavé uni prix au pied carré Québec », hellodarwin fait de même pour « subvention PME Québec 2026 ». Chez ChatGPT, les répertoires pèsent moins lourd, avec 19 % des sources, mais Soumission Rénovation fait partie des rares domaines présents dans les deux moteurs.

Pour une PME, c'est à la fois une menace et une porte d'entrée. Une menace, parce que le répertoire peut répondre à sa place et envoyer la demande à un concurrent. Une porte d'entrée, parce qu'une fiche complète et bien notée dans le répertoire de son secteur est souvent la seule façon d'exister dans une réponse IA quand son propre site n'y est pas. Notre article sur la cohérence des coordonnées explique comment garder ces fiches à jour sans y passer ses soirées.

Résultat 4 : l'officiel gagne les démarches

Pour les neuf requêtes sur les démarches d'affaires (partir une entreprise, NEQ, subventions, permis RBQ, salaire minimum, permis de restaurant, Loi 96, TPS/TVQ, financement), 100 % des sources citées par ChatGPT sont gouvernementales : quebec.ca, Revenu Québec, la CNESST, la RBQ, le MAPAQ, l'OQLF. Dans la recherche rapide de Claude, ces sources officielles ne représentent que 30 % des trois premiers résultats pour les mêmes requêtes.

La différence se voit dans la qualité des réponses. Pour « Loi 96 site web entreprise obligations », la recherche rapide de Claude renvoyait à un article juridique français de 2009 sur le droit français du commerce électronique; ChatGPT citait l'OQLF. Pour « salaire minimum Québec 2026 employeur », 3 des 9 sources du mode rapide affichaient encore l'ancien taux de 16,10 $, alors que le taux est de 16,60 $ depuis le 1er mai 2026. Quand une PME publie de l'information réglementaire, elle entre en concurrence avec l'État : sa seule chance est d'être plus concrète, plus locale et mieux datée.

Résultat 5 : les pièges québécois

Les homonymes piègent encore les IA. Laval, Blainville et Saint-Sauveur existent aussi en France, et la recherche rapide de Claude a renvoyé 7 résultats sur 9 vers Laval en Mayenne, 7 sur 9 vers Blainville-sur-Mer en Normandie, et 9 sur 9 hors du Québec pour « coiffeur Saint-Sauveur ». La recherche approfondie corrige Laval et Blainville, mais pas Saint-Sauveur : même avec le meilleur outil, aucun salon des Laurentides n'est ressorti, seulement des pages françaises et Wikipédia.

Deuxième piège : certaines questions de base n'ont tout simplement pas de réponse québécoise en ligne. Pour « créer une fiche Google entreprise » et « comment apparaître sur Google Maps », aucune des trois mesures ne fait ressortir une source québécoise, hormis la documentation de Google elle-même. Les réponses viennent de blogues français et d'éditeurs de logiciels étrangers. C'est un trou de contenu qu'une entreprise d'ici peut combler, et c'est d'ailleurs pourquoi nous avons publié nos 10 optimisations de la fiche Google.

Ce qui fait qu'une PME est citée

Quand on regarde les sites de PME qui ressortent, dans ChatGPT comme dans la recherche approfondie de Claude, un profil se dessine. Leurs pages portent le service et la ville dans l'adresse et dans le titre (« déneigement à Saint-Jérôme », « réparation de fissures de fondation à Laval »). Elles répondent à la question telle qu'elle est posée, souvent avec un prix ou une fourchette. Elles nomment leur zone desservie, leurs délais et leurs garanties. Rien d'exotique : c'est la base d'une bonne page locale.

À l'inverse, les PME absentes ont souvent un site vitrine générique : une page d'accueil, une page « services » qui énumère tout, aucune ville nommée, aucun prix. Même chose pour la preuve d'expertise : les pages citées montrent qui fait le travail, depuis combien de temps et avec quelles licences, exactement ce que décrit notre article sur l'E-E-A-T pour les PME. En santé et en services professionnels, enfin, ChatGPT n'a exposé aucune adresse pour 8 requêtes : il répond vraisemblablement à partir des fiches d'établissement, ce qui fait de la fiche Google un actif aussi important que le site.

Les 7 gestes à poser

Infographie des 7 gestes pour être trouvé par les IA au Québec : nommer le lieu, une page par service et par ville, publier ses prix, soigner la fiche Google, être dans les bons répertoires, dater ses contenus, mesurer dans plusieurs IA
Sept gestes tirés des 802 sources analysées.

1. Nommer le lieu sans ambiguïté. Écrivez « Saint-Sauveur, dans les Laurentides, au Québec », pas seulement « Saint-Sauveur ». 2. Une page par service et par ville, qui répond à une seule intention. 3. Publier ses prix ou des fourchettes : les guides de prix par ville font partie des sources les plus reprises, comme le montre notre propre grille des prix du SEO au Québec. 4. Soigner la fiche Google, surtout en santé et en services professionnels.

5. Être présent dans les répertoires reconnus de son secteur : Soumission Rénovation pour la rénovation, Medimap pour la santé, PagesJaunes.ca et Yelp pour les commerces. 6. Dater et mettre à jour ses contenus : une IA qui puise dans une page périmée donne une réponse périmée. 7. Mesurer dans plusieurs IA, parce que la visibilité dans un assistant ne se transfère pas à l'autre. Pour un site bilingue, ajoutez un huitième geste : une version française complète et distincte, comme l'explique notre guide du SEO bilingue et de la Loi 96.

SEO ou GEO? Ce que l'étude tranche

Le blogue de Québec.ca affirmait en octobre 2025 que le référencement naturel était « en train de se faire remplacer » par le GEO. Nos données racontent autre chose. Les sources que les IA retiennent sont des pages bien référencées, claires, locales et à jour : exactement ce que le SEO produit depuis toujours. Aucune des pages citées ne doit sa place à une technique propre au GEO; toutes la doivent à leur pertinence pour la question posée. La documentation de Google Search Central publiée en juillet 2026 va dans le même sens : pour Google, optimiser pour ses fonctions d'IA, c'est faire du bon SEO.

Ce qui change vraiment, c'est l'exigence de précision. Un moteur classique affiche dix liens et laisse l'internaute trier; une IA en retient deux ou trois et répond à sa place. La page approximative qui se classait en cinquième position n'existe plus dans la réponse. Pour aller plus loin sur la différence entre les deux approches, lisez GEO contre SEO, notre article sur les Aperçus IA de Google et notre guide complet du référencement naturel pour PME.

Les limites de l'étude

Chaque moteur n'a fait qu'une passe, à une date donnée : les résultats varient d'une recherche à l'autre et évolueront avec les outils. Les deux volets ne mesurent pas exactement la même chose, puisque Claude a été observé au niveau du bassin de sources remis par son outil, et ChatGPT au niveau des sources citées ou affichées; 26 % des sources de ChatGPT n'étaient pas exposées par l'interface. Le volet de recherche approfondie porte sur 10 requêtes choisies parce qu'elles avaient échoué en mode rapide.

Environ 80 sites d'entreprises et de soumissions relevés dans ChatGPT ont été classés d'après leur nom de domaine, sans être visités. ChatGPT a aussi ajouté « Québec » à la requête « notaire achat maison frais ». Enfin, les agences web et SEO présentes dans les résultats ne sont pas nommées, par choix éditorial. Ces limites n'effacent pas les tendances, qui sont nettes, mais elles invitent à lire les pourcentages comme des ordres de grandeur.

Télécharger les données

Le jeu de données complet compte 802 lignes : requête, famille de requête, moteur, rang, adresse, domaine, type de source et statut de citation. Les domaines d'agences web et SEO y sont anonymisés. Journalistes, chercheurs, enseignants et entrepreneurs peuvent le réutiliser librement en citant « Étude Ton Consultant sur les sources des IA au Québec, septembre 2026 » avec un lien vers cette page.

Télécharger les données (CSV) ↓

Les trois infographies de l'étude peuvent aussi être intégrées sur votre site avec le bouton « Intégrer » sous chaque image. Nous referons la mesure dans 90 jours pour suivre l'évolution, notamment sur les requêtes où aucune source québécoise n'existe encore.

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Foire aux questions

Quelles sources les IA citent-elles le plus au Québec?

Cela dépend de l'assistant. Dans notre étude, ChatGPT citait surtout des sources officielles (42 %) et des sites de PME locales (28 %), alors que la recherche rapide de Claude remettait surtout des répertoires et des plateformes (35 % des trois premiers résultats).

Est-ce qu'être visible dans ChatGPT suffit?

Non. Sur 261 domaines relevés, seulement 12 étaient communs à Claude et à ChatGPT, et pour 38 requêtes sur 50 les deux assistants n'avaient aucune source en commun. Il faut mesurer sa visibilité dans plusieurs assistants.

Comment une PME peut-elle être citée par une IA?

Avec des pages qui répondent exactement à la question : un service, une ville nommée sans ambiguïté, idéalement un prix ou une fourchette, et des preuves d'expertise. Une fiche d'établissement Google complète et une présence dans les répertoires reconnus du secteur aident aussi.

Le GEO remplace-t-il le SEO?

Nos données disent le contraire : les pages retenues par les IA sont des pages bien référencées, claires, locales et à jour. Le GEO ajoute une exigence de précision, mais repose sur les mêmes bases que le référencement naturel.

Pourquoi certaines villes du Québec posent-elles problème?

Parce que des villes comme Laval, Blainville ou Saint-Sauveur existent aussi en France. Sans indice géographique clair, certains outils de recherche des IA renvoient vers les homonymes français. Nommer la région et le Québec sur ses pages réduit ce risque.

Puis-je réutiliser les données de l'étude?

Oui. Le fichier CSV de 802 lignes est téléchargeable librement; citez « Étude Ton Consultant sur les sources des IA au Québec, septembre 2026 » avec un lien vers la page de l'étude.

Méthode : 50 requêtes québécoises lancées les 22 et 23 septembre 2026 dans Claude (recherche rapide, 458 résultats; recherche approfondie sur 10 requêtes, 93 résultats) et dans ChatGPT (conversation temporaire avec recherche web, 251 sources). Contexte : blogue de Québec.ca, « Optimiser son contenu numérique pour les moteurs génératifs d'intelligence artificielle » (7 octobre 2025); Google Search Central, documentation sur l'optimisation pour les fonctions d'IA (juillet 2026); CNESST, taux du salaire minimum au 1er mai 2026.

À retenir

Les IA ne voient pas le même web : 12 domaines communs sur 261 entre Claude et ChatGPT. Le mode de recherche d'un même assistant peut faire passer les PME locales de 0 % à 54 % des résultats. Les pages citées ont toutes un point commun : un service, une ville nommée sans ambiguïté, souvent un prix, et des informations à jour. Le GEO ne remplace pas le SEO : il en exige la version la plus précise.

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